Protéines végétales et protéines animales : points communs et différences (+ notion de l’équilibre acido-basique pour vivre plus longtemps et en meilleure santé)

Suite à mon article « Tu m’enquiquines avec tes protéines ! (Bienvenue dans une société hyperprotéinée) », je voulais mettre au clair une notion : celle des protéines.

Tout d’abord, une protéine est une « macromolécule » (une grosse molécule) organique (avec les glucides et les lipides). Elle est constituée d’un assemblage d’acides aminés (il en existe 20 au total) qui par leur ordre tout comme leur proportion (on parle de séquences) créent une multitude de protéines différentes. Il existe  8 acides aminés « essentiels » parmi ces derniers : on les appelle comme ça puisqu’ils ne sont pas synthétisés par l’organisme.

Les protéines jouent différents rôles dans notre organisme :
constitution de nos tissus (nos muscles)
– participation à notre métabolisme (les enzymes et certaines hormones sont par exemple des protéines)
– apport d’énergie (après les glucides et les lipides)

Aujourd’hui on considère 2 types de protéines de par leur origine :
– les protéines animales (issues des produits animaux : viande, poisson, œufs, produits laitiers…)
– les protéines végétales (issues uniquement des végétaux : légumes, légumineuses, céréales…)

Je vous arrête tout de suite sur une idée reçue : associer céréales et légumineuses n’est PAS une obligation. Chacun de ces féculents renferme des protéines complètes. Le mythe est totalement infondé, c’est aujourd’hui scientifiquement prouvé. Cependant, les légumineuses sont souvent plus riches en protéines et aussi en fibres : elles ont donc un pouvoir satiétogène supérieur.

Ainsi, quelque soit son origine, une protéine est une protéine : un assemblage d’acides aminés !

Toutefois, comme je le disais dans l’article évoqué au dessus : un « excès [de protéines végétales] n’est pas aussi dangereux que si les protéines étaient animales, puisque notre corps les métabolise beaucoup plus facilement ». Il faut donc que j’éclaircisse cette phrase, à la demande d’une lectrice (que je remercie d’être curieuse) !

La raison principale est le fait que les protéines animales sont beaucoup plus acidifiantes que celles issues des végétaux. Cela signifie qu’elles augmentent le pH (potentiel hydrogène, permettant la mesure de l’acidité ou la basicité d’un milieu) du corps qui devient inférieur à 7 (pH « neutre »)-7.5. Or, un corps « acidifié » demande à notre organisme beaucoup d’effort pour rétablir un pH normal. Il consomme alors plus d’énergie et de minéraux (notamment le calcium des os!). On notera que les bactéries et cellules cancérigènes adooooorent se développer dans un milieu acide !

L’explication est simple : les protéines animales sont liées à certaines entités chimiques comme le chlore, le phosphore ou encore le soufre qui, une fois dans l’estomac, se transforment en acides chlorhydrique, phosphorique et sulfurique. Seuls les reins peuvent les évacuer du corps, mais on le sait tous : les reins ne peuvent pas TOUT filtrer. Comme chaque « filtre », ils finissent par saturer. Ces « acides forts » (qui réagissent totalement) restent donc dans le corps lorsqu’on consomme trop de produits animaux (ou certains autres aliments transformés en contenant comme des biscuits ou des gâteaux) et s’accumulent : le corps s’acidifie. Voilà en grande partie pourquoi on fixe une quantité de protéines à ne pas dépasser, dans une société où l’on mange beaucoup plus de protéines animales que de protéines végétales.

Pourquoi alors, ce phénomène est-il largement moindre voire inexistant lorsqu’il s’agit de protéines végétales ?

Là encore, cela est dû au fait que les protéines végétales soient liées à des minéraux que sont le calcium, le magnésium, le potassium et le sodium, qui, eux, se transforment en « acides faibles ». Ces acides (aussi connus sous le nom d’acides « volatils » ou faibles (dont la réaction est dite partielle) sont donc, comme leur nom l’indique et aussi comme je le disais (mais peut-être pas très précisément) plus facilement « métabolisés » (transformés par l’organisme ici) sous forme d’acides « carboniques ». Cette particularité leur permet d’être évacués par les poumons de manière régulière et stable ! Mais les protéines végétales restent tout de même acidifiantes, il ne faut donc pas en consommer de trop non plus (/!\ ne pas confondre donc les effets d’un excès de taux de protéines animales ou de protéines végétales puisque le taux limite serait moins réduit pour les protéines végétales).

Bon, mais si je m’arrêtais là, on mourrait tous ! Ceux qui consomment des produits animaux en premier… 😛 Tu t’imagines quelqu’un qui mange au bistrot tous les midis un steak frites avec un brownie en dessert ? Une véritable bombe acide ! Rien de mieux pour donner envie au cancer de te rendre visite ! Heureusement, il existe d’autres familles d’aliments qui permettent de réguler le pH : les fruits et les légumes, qui « basifient » le sang. On dit qu’ils sont « alcanisants ». En voilà une bonne raison de manger des fruits et des légumes, pas vrai ? Ce mécanisme repose sur ce qu’on appelle l’équilibre « acido-basique ».

Et oui, car « l’acidité » du corps n’a rien à voir avec l’acidité des aliments quand on les mange : par exemple, un citron n’est pas acidifiant. Au contraire, cet agrume a un pouvoir basifiant (et détoxifiant) très puissant !

Tu sais tout maintenant ! J’espère que tu as compris ce que j’ai tenté d’expliquer. 🙂 N’hésite pas à me poser des questions en commentaire, je me ferai un plaisir d’y répondre ! Tu peux aussi partager l’article et t’abonner à mon blog pour plus d’articles ! Merci ! 😉

Source : « Potassium, mode d’emploi », du Dr Philippe Veroli. (voir un extrait ici)

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12 réflexions sur “Protéines végétales et protéines animales : points communs et différences (+ notion de l’équilibre acido-basique pour vivre plus longtemps et en meilleure santé)

  1. Senand dit :

    Bonjour. J’ai découvert ton blog aujourd’hui en recherchant une recette sur le faux gras sans soja (tofu). Je suis flexitarienne (en effet mon travail fait que je mange parfois au restaurant et il est difficile d’y manger des plats végétariens). Je trouve que ton blog est vraiment bien fait et je me suis prise une petite claque en réalisant que j’étais de 10 ans ton aîné. Par contre j’ai une petite question sur laquelle tu pourras peut-être m’éclairer vu que tu as l’air de beaucoup t’intéresser à la nutrition. Je voulais savoir quel est ton avis sur la consommation de soja sous forme de crème, lait ou tofu. Je sais que le soja peut se comporter comme certaines hormones (oestrogènes), est-ce qu’une consommation excessive ne peut pas à la longue avoir des effets du type perturbateur endocrinien sur nous ? J’espère que ma question est assez claire. Merci d’avance pour ta réponse.

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    • Leslie dit :

      Bonjour, je me permets de te laisser mon avis. Pauline te laissera sûrement le sien aussi.

      Aucune étude sérieuse n’a démontré que le soja était mauvais pour la santé. Il paraitrait même que c’est une contre-attaque du lobby du lait qui a du se rendre compte qu’il perdait des parts de marché face au soja. Et nous savons tous que le lobby du lait a une bien trop grande influence..

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    • Pauline dit :

      Bonjour Senand, désolée de ma réponse si tardive, je ne découvre qu’à l’instant ton message ! Je t’invite à lire mon article sur le soja fait il y a déjà quelques temps. 🙂
      En effet, le soja présente un risque d’un point de vue endocrinien pour les femmes enceintes et/ou les personnes ayant ou ayant déjà eu des problèmes thyroïdiens ! Sinon, aucun danger (sauf biensûr, si le soja est OGM…).

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  2. Daphne dit :

    Bonjour.
    Etant au lycée à l’internat, je ne peux pas encore devenir 100% vegan parce qu’il m’est impossible de contrôler ce que la cantine met dans ses légumes, salades et féculents (riz ou pates généralement…)
    Mais j’ai quand même protesté lorsque j’ai découvert que le self avait mis en place des repas à thèmes les mercredis soirs. A ces repas, il n’y avait qu’un seul choix, et c’était forcément carné. Je suis donc allée me plaindre au directeur après le 5ème repas sans que la cantine n’aie fait quoi que ce soit malgré mes remarques. Et la première chose qu’il me dit c’est « c’est ton choix mais sache que la plupart des acides aminés dont on a besoin sont dans la viande et le lait »

    Je n’arrive pas à trouver combien de ce qu’il a dit est vrai ou non. Il me semblait que seul la B12 ne se trouve pas dans le monde végétal. Auriez-vous une explication plus claire et scientifique à ce sujet?

    Merci d’avance 🙂

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    • Pauline dit :

      Salut Daphne !
      Je comprends tout à fait ta situation (moi-même étant lycéenne, sauf que je ne suis pas interne et me ramène donc mon repas le midi).
      Tu as raison de protester ! Connais-tu des personnes allergiques/intolérantes au lactose ou aux œufs par exemple, et qui sont également internes ? Normalement, il doit exister des alternatives pour eux !
      Sinon, essaie de trouver dans ton lycée d’autres personnes sensibles à la cause animale, afin de monter un groupe ou une association et lancer une pétition pour obtenir une alternative végétale à la cantine ! Ça s’est déjà vu plusieurs fois, même si je t’avoue que ça risque de prendre du temps, vu comment le directeur a réagit ! Après, si les repas ne sont pas préparés sur place, ça peut aussi être un autre problème. Mais on peut toujours essayer ! Je sais qu’il existe par exemple des bars à salade « à volonté » ou pas, dans certains collèges et lycées. Pourquoi pas déjà ça !

      Ahahaha, ces personnes qui s’improvisent nutritionnistes dès qu’ils parlent à un végé…. Que nenni ! On trouve absolument TOUS les acides aminés dans l’alimentation végétale. Certes, deux sont plus difficiles à trouver que d’autres, c’est pourquoi il faut manger varié (d’ailleurs, c’est valable pour tout le monde : quelqu’un qui mange des pâtes au beurre avec du jambon est plus exposé aux carences que celui qui mange des légumes et des graines, ce gros cliché !).

      On lit souvent que les protéines animales sont « complètes » et contiennent tous les acides aminés, or à part l’œuf, c’est faux.
      Par exemple, la viande et le lait manquent de cystéine et de méthionine et le poisson manque de tryptophane. Quant à la nourriture végétale, les céréales manquent généralement de lysine et les légumineuses de méthionine et/ou de cystine (c’est pour cela qu’il faut manger varié, quand on est végé : il faut avoir tous les acides aminés dits essentiels). Cependant, inutile d’associer légumineuses et céréales au cours d’un même repas : l’équilibre alimentaire se fait sur la journée, voire sur la semaine (voire encore plus…) Si on mange exceptionnellement pâtes et pain pendant une semaine, on ne va pas être carencé du jour au lendemain !

      En espérant t’avoir aidée. Bon courage pour la suite (ne laisse rien tomber, continue ta démarche : c’est super!) 🙂

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